IMAGINER ET DANSER SON JARDIN

Qu’y a t-il dans un jardin ? Qu’est-ce qu’un jardin ? Le jardin est le paysage quotidien et familier des Côtes de Meuse. L’aventure artistique proposée est de rentrer dans un jardin et d’y regarder de plus près. Qu’est-ce qu’on voit ? Des arbres, de l’herbe en apparence. Et en observant plus attentivement il y a une foule de végétaux et d’animaux, sorte de microsmos végétal et animal. Cet espace, très vaste à l’échelle d’enfants âgés de 4 à 7 ans va devoir être apprivoisé par eux. Il va devenir un terrain de jeu pour créer et inventer en harmonie avec la nature : teinture végétale, tissage des produits de cueillette, danse et approche de la notion du cadrage sont au programme de cette exploration naturelle, sensorielle et corporelle.

Les sources d’inspiration
* Le land art
Le land art est une tendance de l’art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature (bois, terre, pierres, sable, eau, rocher, etc.). Le plus souvent, les œuvres sont en extérieur, exposées aux éléments, et soumises à l’érosion naturelle ; ainsi, certaines œuvres ont disparu et il ne reste que leur souvenir photographique et des vidéos. Avec les artistes du land art, la nature n’est plus simplement représentée : c’est au cœur d’elle-même (in situ) que les créateurs travaillent. Ils veulent quitter les musées et les galeries avec leurs tickets d’entrée et heures d’ouverture afin de véritablement « sortir des sentiers battus ». L’œuvre doit être non plus une valeur marchande vouée à une élite mais une véritable expérience liée au monde réel.
* Wilder Mann ou la figure du Sauvage un ouvrage de Charles Fréger (édition Thames and Hudson)
Chaque année, dans toute l’Europe, de la France à la Bulgarie, de la Finlande à la Sardaigne, du Portugal à la Grèce en passant par la Suisse et l’Allemagne, des hommes, le temps d’une mascarade multiséculaire, entrent littéralement dans la peau du «sauvage» : homme de paille, diable ou monstre aux mâchoires d’acier, ces hommes célèbrent le cycle de la vie et des saisons. Leurs costumes, faits de peaux de bêtes ou de végétaux, sertis d’ossements ou ceinturés de cloches, chapeautés de cornes ou de bois de cerfs, sidèrent par l’extraordinaire diversité et la prodigieuse beauté de leurs formes.

Le projet vu par les artistes
La danse et l’image pour faire trace
Le travail du corps en mouvement ramène à la réalité, à la réalité de celui-ci dans son environnement, il est concret et nous contient. C’est notre enveloppe, elle contient notre cerveau et sa capacité de penser, d’abstraction, mais aussi notre réalité biologique avec sa propre mémoire, qui s’exprime très communément dans notre façon de marcher par exemple, et puis dans l’activité des sens et des émotions qui le nourrissent en permanence… Le travail de la danse improvisée est une porte pour convoquer tout ce qui fait notre identité, pour aller à sa rencontre, pour lui permettre de s’exprimer, mais également lui permettre de se vivre dans l’instant c’est-à-dire avec et dans notre environnement.
Cet outil pédagogique est à mon sens exceptionnel, il a aussi l’intérêt de s’adresser à tous, s’il est mené pour l’exploration du corps avec le souci du plaisir de se mettre en mouvement en respectant les spécificités de chacun.
– Danser c’est aussi porter une attention particulière à son corps, visible et invisible, sa structure, son squelette, ses os, ses organes, ses muscles, ses tissus, sa peau, aux sensations internes et externes, à ce qui nous entoure. La danse dessine des traces dans l’espace. Danse et photographie procèdent de traces visibles et invisibles. Il y est à la fois question d’attention, de mobilité, d’immobilité d’espace et de regard. Possédant ces deux techniques j’amènerai les enfants vers ce regard où l’on porte attention à soi, aux autres et à son environnement. L’école étant équipée de tablettes numériques, les enfants seront amenés à photographier, se photographier pour prendre la mesure d’un espace très vaste à leur échelle.

Des corps et des objets avec le paysage
Jouer avec le paysage, faire des gestes pour prendre la mesure d’un espace à échelle humaine et à hauteur d’enfant. La collecte de matières naturelles sera le fil rouge de l’ensemble du projet. Plusieurs techniques seront expérimentées : fabriquer des teintures végétales à partir des pigments de la nature, assembler des matériaux, réaliser des tableaux végétaux, fabriquer des costumes de feuillages ou de bois…
L’ensemble de ces réalisations étant à « installer » dans le paysage pour faire corps avec lui. Comment installer ? Il faudra regarder, modifier, recommencer, déplacer en utilisant l’outil de la photographie pour se rendre compte de l’effet produit. En somme chercher
un point de vue…
Ces explorations manuelles et dansées vont se rencontrer, et nous allons tous ensemble mettre au point un paysage en mouvements.

La restitution : Un parcours plastique et performé
L’installation se déroulera au milieu du jardin de l’école d’Hannonville-sous-les-Côtes. Les enfants l’auront vu se transformer de l’hiver au printemps. La présentation finale se fera le 23 juin 2017 à partir de 13h30.

Les artistes du projet
Eve Petermann – danseuse, photographe
Florie Bel – costumière, constructrice

LOUP ET C’EST TOUT !

Nous proposons aux enfants un voyages où ils aborderont la sculpture, l’écriture, le graphisme. Ils vont être amenés à inventer des histoires, concevoir et sculpter des livres, découper des formes faire des mots une matière à voir mettre en volumes et en son. Il s’agit d’une exploration intégrale de ce que pourrait être un livre. Ce voyage est accompagné par une poète, une comédienne, une illustratrice et une musicienne.
Note d’intention artistique:
En tant qu’objet, le livre a une caractéristique spécifique : voici près de deux mille ans qu’il a conservé exactement la même forme un parallélépipède. Mais le livre n’est pas seulement un objet. Il est le lieu de la matérialisation de la pensée, non pas le seul, mais un lieu privilégié dans notre culture. On pourrait suggérer que, des briques d’argile aux livres tels que nous les connaissons aujourd’hui, il n’y a pas de différence dans la forme que prend cette occupation de l’espace par la chose écrite. Elle a joué un rôle considérable dans la symbolique du livre, amplifié par le fait que le livre, en tant que collection, constitue un véritable mur : celui de nos bibliothèques. Il s’agit bien, dans l’imaginaire, d’une architecture. Partant de ces faits nous nous sommes demandés si les enfants d’aujourd’hui vivent avec les livres, quel imaginaire ils constituent pour eux à l’heure d’internet, des tablettes graphiques, du temps réel, du zapping. Cette question est bien sur celle que se posent les parents, les enseignants, les spécialistes des sciences de l’éducation. Et finalement quel pourrait être le livre de chacun ?
En tant qu’artistes nous nous sommes demandés ce que nous pourrions faire découvrir d’inconnu, d’extraordinaire à de jeunes enfants encore en phase d’apprentissage de la lecture de manière individuelle et dans un processus d’élaboration collective. L’idée est apparue, évidente : créer des objets, des sculptures livres pour leur faire goûter les livres en travaillant à toutes les étapes de la conception un utilisant un grand nombre de média :
* Faire découvrir de beaux albums  ;
* Leurs faire vivre l’expérience de l’écriture
* Les faire réfléchir à la conception d’un objet et travailler en volume

Objectifs généraux
– Mettre en place des liens entre les enfants de différentes classes et niveaux et origines géographiques autour d’un projet commun.
– Permettre à tous les élèves de se constituer une culture personnelle, riche et cohérente.
– Pour chaque enfant procéder à des choix et développer ses capacités de création.
– Se connaître pour aller vers les autres, établir (nouer) des liens, prendre conscience de l’autre, de ses différences, de ses propositions , travailler à un projet commun.
– Dans ses prolongements ce projet permettra de créer des liens entre l’école et les artistes et de proposer une ouverture sur l’univers du livre ainsi que celui du spectacle vivant.
– Faire se rencontrer deux secteurs géographiques proches mais aux réalités très différentes et qui se côtoient peu, aborder la découverte de l’autre et de la différence.

La motivation pour mettre en œuvre ce projet
– Le projet d’école met en évidence ces deux points à privilégier : mieux être à l’école et amener l’enfant à parler et écrire pour échanger, expliciter sa pensée
– Ce projet permettra de favoriser le « mieux être à l’école » par la création de liens entre les enfants par la constitution de groupe d’enfants de différentes classes (pour apporter une richesse d’échanges de propositions, de coopération entre grands et petits…) mais aussi de créer des liens avec les artistes et l’art en général.
– Développer le plaisir du livre, de la lecture de manière certes ludique et créative tout en conservant un esprit de sérieux.
– Enfin il relie deux secteurs géographiques et des réalités socio-économiques qui se côtoient très peu. Les deux écoles distantes de 50km sont aussi très différentes. La première situé dans un secteur péri-urbain (ancienne zone des mines de fer de Lorraine) en difficulté et la seconde dans la Meuse dans un milieu rural relativement traditionnel.

La thématique du loup
Les enseignantes concernées par l’écriture du projet ont opté en accord avec les artistes pour la thématique si universelle du loup. Omniprésent dans les œuvres de littérature jeunesse il occupe une place toujours aussi importante dans l’imaginaire collectif en dépit de sa quasi disparition de notre quotidien. Les enfants ne s’en lassent pas !

La restitution
– La communauté de communes, partenaire de Vu D’un Oeuf, a souhaité amplifier et renforcer ce qui devait être un petit événement de fin d’atelier et qui devient, en partenariat avec son salon du livre pour adultes « Le printemps du Grand Meaulnes » un événement à part entière. Ce sera l’occasion d’impliquer les enfants ayant participé au projet « Livres » de l’année scolaire. Et de concerner la nombreuse population scolaire du canton (près de 1000 élèves scolarisés) en les mobilisant de l’école vers un événement tout public.
– Cela nous semble d’autant plus important qu’il n’y a actuellement plus de libraire dans aucun des deux secteurs. Le partenariat envisagé est avec le libraire indépendant « La fabrique » seule librairie du département de la Meuse située à Bar-le-Duc.
– Le salon sera émaillé des lectures des textes réalisés par les enfants. Il accueillera également l’exposition des livres-objets réalisés par l’ensemble des enfants.
« Louloup Castagnette » 20 mai
Le festival sera l’occasion de présenter le spectacle chant et musique réalisé par les enfants de l’école maternelle de Fresnes-en-Woëvre.

Les intervenants
Sarah D’haeyer, illustratrice, éditrice
Hélène Gehin, comédienne, chanteuse
Véronique Mougin, musicienne (piano, voix)
Emmanuelle Pellegrini : Poésie-action-improvisation

Les enfants et les enseignants
MS-GS de S. Opacki Ecole Maternelle de Tucquegnieux (54)
CP-CE1 de K. Floquet et C. Berthélémy  Ecole Primaire Fresnes-en-Woëvre.
2 classes Petite section/1 classe moyen / 1 classe grand Mmes Normand, Berthaud, Kourgousoff et Gavray
Ecole maternelle Fresnes-en-Woëvre.