Programme Densités #31

Pour vous donner un avant-goût, voici le menu de la 31e édition :

Vendredi 7 novembre

20h30Canti di guerra, di Lavoro e d’amore
Deborah Walker (violoncelle, voix) / Silvia Tarozzi (violon, voix) / Italie

Pour ouvrir le festival place aux femmes ! Deborah et Silvia revisitent les chants populaires des femmes de la plaine du Pô, notamment ceux des Mondine les travailleuses des rizières. Inspirées par les polyphonies et les récits de lutte sociale, d’amour et de guerre, elles réinterprètent ces chants avec des éléments modernes et expérimentaux. Le spectacle propose des compositions originales et des arrangements de chants traditionnels, tels que La Lega, premier chant féminin de lutte prolétarienne, et Il Bersagliere ha cento penne. Silvia Tarozzi et Deborah Walker ont joué dans de nombreux festivals internationaux et collaboré avec des compositeurs renommés. Ce duo est bien particulier dans leur parcours. Il est bien sûr en lien avec leurs racines. Il porte également un propos universel et urgent pour continuer le long chemin : celui de redonner leurs places à toutes les femmes dans l’histoire. Ces chants résonnent avec tant d’autres lieux et d’autres luttes actuelles. Nous avons une forte pensée pour les femmes sans voix dans leurs pays : donne e uomini cantiomo tutti insieme ! (« Femmes et hommes chantons ensemble! »).

21h30 • C.N.T
Duo Louis Laurain (trompette)/ Pierre Bastien(Objets) / France

cnt : sur les pochettes de disques, abréviation pour « cornet à pistons » imprimée entre parenthèses après le nom du musicien qui en joue. Exemple : Rex Stewart (cnt).
CNT : acronyme pour Confederación Nacional del Trabajo, syndicat libertaire espagnol basé sur la reconnaissance du groupe humain.
C.N.T : un groupe de deux humains qui jouent du cornet à pistons, instrument de musique communément et à peine abusivement dénommé « trompette ».
Il n’existe pas de trompette pour gaucher : trois doigts suffisent à en abaisser les pistons, sans requérir une agilité exceptionnelle. Aussi la plupart des trompettistes pourraient-ils n’avoir qu’un bras. Mais Louis Laurain et Pierre Bastien (que l’on accueille avec joie pour la première fois à Densités!) ne sont pas manchots. Avant de se rencontrer, ils avaient déjà décidé, chacun de son côté, de mettre à contribution la main négligée : pour ajouter la percussion à leur instrument mélodique, ou pour le rendre polyphonique, harmonique, bruitiste…Vous entendrez et verrez un véritable orchestre, avec ses rythmes frappés et ses basses chaloupées par deux sculpteurs de sons !

23h00 • Duo
Joke Lanz (turntables) / Ute Wasserman (voix, objets) / Suisse, Allemagne
Avec le soutien de Pro Helvetia

Actions vocales, physiques et électroniques, changements, coupures, virages ultra rapides, mélodies tordues, grooves stop & go et boucles obscures : ça déménage, ça virevolte ! L’expérience d’écoute est détonnante. Les deux duettistes travaillent ensemble depuis un certain temps et cela s’entend. Joke Lanz est un musicien noise, artiste de performance et turntablist renommé, il est également membre fondateur et chanteur du groupe d’art rock Sudden Infant, membre du légendaire groupe Schimpfluch (aux côtés de Rudolf Eb.er, Dave Phillips, Marc Zeier et Daniel Löwenbrück). Ute Wassermann est une chanteuse, compositrice et artiste sonore allemande qui a développé des techniques vocales uniques. Chemins de traverse, raccourcis, détours, déviation, sentiers tortueux ou grand boulevard : embarquons pour un voyage virtuose et joyeux.

00h00 • Entrons dans la nuit
Hervé Birolini / Diffusion électroacoustique / France
Première

Hervé Birolini compose des pièces où la question de la technologie, de l’espace et du partage (avec des danseurs, des musiciens jouant en live) sont omniprésents. Ses projets sont passionnants et nous interpellent toujours : de son solo Tesla au plus récent Dé-corrélation / Corrélation avec la chorégraphe Aurore Gruel. Il est un acteur incontournable de la scène musicale, certes régionale mais surtout de la scène tout court ! Après le détonnant « Des éclairs » en 2023, Densités lui ouvre un espace cette fois différent : faire découvrir ses pièces musicales diffusées par un petit orchestre de haut-parleurs (un acousmonium). Voyons cela comme un salon confortable où l’on peut s’immerger dans le son. Et entrer dans la nuit. Avec nos oreilles bien nourries.

Samedi 8 novembre

11h00 • En moins de deux
Duo Alfred Spirli (musique) / Nicolas Lanier (danse) en décentralisation à Avocourt / France

À l’École Buissonnière, Alfred et Nicolas sont dans leur élément, ces deux espiègles sont à l’aise partout : une salle de spectacle, un jardin, un quartier, une gare ou un festival international de tondeuses à gazon ! Ensemble ils jouent et se jouent de toute chose, créent de la surprise, de l’étonnement, décalent et détournent les lieux poétiquement. Et avec le langage des corps et la musique de l’instant, le décor devient vivant. Ils jouent avec les liens sensibles ou usuels entre nos environnements et nos présences, souvent avec humour. Avec délicatesse, ils osent la rencontre avec le public. Attentifs, chacun à l’écoute du regard de l’autre, déterminés à vivre un moment unique, sans complexe, ils s’inventent de solides constructions éphémères. À déguster sur place !

14h00 en alternance • Argonne-Meuse
Thierry Vallino (image) / Xavier Saïki (son) / France
Création

Les compères arpentent le territoire où Vu D’un Œuf s’implante depuis l’été 2025 : près de 600 km2 à l’ouest de la Meuse, à la frontière de l’ancienne Lorraine… Ils sont en résidence sur ce vaste territoire qui s’étend de Clermont à Varennes, de Dombasle aux Islettes, de la butte de Vauquois au GR 14, de la Meuse à l’étang des Bercettes, de la vallée de la Biesme à la vallée de l’Aire, ils rencontrent des hommes, des champs, des forêts, du silence, de l’histoire, des vaches, de l’eau… Ces éléments qui façonnent un espace de vie dans le monde rural. Un défi que ces deux artistes très complices relèvent avec l’humanité qui les caractérise. Du son, des images, des paroles… À l’ouest il y a du nouveau !

14h00 en alternance • Kroustibatt
Sophie Monroy (guitare) / William Nurdin (batterie) / Belgique-France

S’il faut de la chapelure et de la farine de blé pour préparer des bâtonnets de colin d’Alaska, il faut une batterie très augmentée, une guitare et une voix bien typés pour créer Kroustibatt. C’est un duo tout nouveau avec deux complices voguant dans de nombreux groupes et projets de l’indispensable scène alternative et expérimentale en Europe. Simples, efficaces, dansantes et légèrement de guingois, leurs chansons sont irrésistibles. Sont-ils, comme leur nom l’indique, croquants à l’extérieur et fondants à l’intérieur ? À nous de le découvrir, mais c’est sûr, ils sont comme des poissons dans l’eau (bon c’était facile…) !

15h30 • Double Solo
Bertrand Denzler (saxophone) et Frantz Loriot (alto) / Suisse
Avec le soutien de Pro Helvetia

Les deux artistes improvisent chacun un solo, mais en même temps : sont-ils capables de ne pas s’écouter, de ne pas s’entendre, de ne pas se préoccuper l’un de l’autre, de ne pas nous soucier du résultat de cette superposition, de ne pas construire un langage commun ? Ces questions fondamentales liées à l’improvisation résonnent globalement avec nos pratiques sociales : parvenons-nous à vivre ensemble sans communiquer, à nous côtoyer sans nous affecter, à cohabiter sans nous détruire ? Avant de poursuivre par un débat, ces deux figures de la musique aventureuse offrent un chemin parsemé d’embûches, de heureux hasards, de rencontres fortuites : de la musique profondément ancrée dans la vie.

16h15 • Rencontre-débat « Musiques improvisées et questions politiques »

Une proposition dans le cadre des PETITES CAUSERIES de la Plateforme des Musiques de Création en Grand Est. Autour du livre d’entretien de Bertrand DENZLER et de Frantz LORIOT (éd . Association Bruit, Bienne, Suisse). Avec Jonas KOCHER (éditeur), Modération PFMC.
Avec le soutien de Pro Helvetia
Frantz Loriot s’intéresse aussi à la dimension politique de la musique improvisée. Influencé par des penseurs anarchistes, anticapitalistes et postcoloniaux, il a élaboré sa propre approche de cette pratique musicale. Ce qui l’a conduit à interroger Bertrand Denzler. Ensemble ils en ont fait un livre. La musique improvisée est-elle en rupture avec d’autres traditions ? Quelle est la place des notions de liberté et d’égalité dans la création ? Quel est le rapport entre les sons et le discours ? Comment la musique improvisée est-elle en relation avec les institutions ? Tels sont quelques-unes des questions de l’ouvrage proposées ici en débat. Des questions littéralement brûlantes dans un contexte où les espaces pour la création se raréfient.

17h30 • Tardigrade Expérience
Conversation sonore avec Patricia Dallio et Victor Noël / France

« Je suis Victor Noël, j’ai 20 ans. Depuis toujours j’observe le vivant qui m’entoure. D’une passion, d’un attachement à celui-ci, est née l’envie de le défendre face à la destruction. Je m’engage alors pour tenter d’ensemencer l’idée du respect des espèces, tout comme pour montrer l’importance d’un changement sociétal. »
Tardigrade expérience est un moment pour entendre les paroles d’un jeune homme et d’une musicienne profondément engagés. La lutherie électronique de Patricia Dallio devient organique entre ses mains. Les textures sonores mouvantes qu’elle façonne s’apparentent à des fresques picturales, radiophoniques ou cinématographiques. Ces espaces sonores résonnent avec les textes et les mots de Victor Noël. Tous deux donnent force à un discours ouvert sur l’observation et la préservation de la biodiversité. Des humains profondément humains.

20h00 • Duo
Aurore Gruel (danse) / Erik Minkkinen (guitare) / France
Création

Pour cette rencontre-création un seul mot d’ordre : l’énergie. Les deux protagonistes ne se connaissent pas. Nous les connaissons bien. Aurore Gruel (pour la première fois à Densités) bâtit au fil des années un parcours chorégraphique brillant et atypique avec sa compagnie Ormone et comme directrice artistique au sein du Laboratoire chorégraphique de la Marne. Sous le signe du poétique et toujours sur le fil, en recherche active, ses créations questionnent la multiplicité des rapports entre temps / espace / corps / matière… Aurore Gruel bouscule la relation, joue avec nos perceptions.
Erik Minkkinen lui aussi aime à bousculer. Guitariste mythique du non moins mythique Sister Iodine (groupe de free rock qui sévit depuis 1992), il est aussi connu pour ses nombreux groupes et projets dont Discom, Intertecsupabrainbeatzroomboyz, K7Straub. Sa musique entre fureur et mystère est habitée d’une énergie sans limite. Qui confine à une réelle poésie. La rencontre de ces deux personnalités est délicieusement hasardeuse. Elle sera sans aucun doute grisante.

21h30 • Trio
Gaudenz Badrutt (électronique)/ Ilia Belorukov (sax alto) /Jonas Kocher (accordéon) / Suisse-Russie/Serbie
Première française avec le soutien de Pro Helvetia

Entre retenue et tension, avec complicité et respect, voici un trio de musique de chambre électroacoustique de classe mondiale. Ces musiciens sont de grands improvisateurs et ils jouent ensemble depuis longtemps (2014). Ils partagent aussi de nombreux projets au sein de l’association Bruit (Biel/Bienne en Suisse). Ensemble, ils créent cette musique sculptée dans le silence, habitée de résonances avec d’énormes contrastes, des attaques explosives. L’auditeur évolue dans de vibrants paysages sonores.

Concert enregistré par France Musique pour diffusion prochaine dans l’émission À l’improviste. Puis disponible en streaming sur le site de France Musique et l’appli Radio France.

23h00 • Parquet (on the pit)
Seb Brun (drums), Simon Henocq (electronics), Guillaume Magne (guitare), Jean-François Riffaud (basse, synthé), François Rosenfeld (guitare) / France

« Comme si Pac-Man rencontrait Jeff Mills » ! Cela plante bien le décor de la formation fondée en 2014 par le batteur Sébastien Brun qui embrasse à pleine bouche le fantasme de la techno jouée avec des instruments. Leur musique est rythmique, tonale et répétitive. Elle est magistralement jouée par des musiciens en chair et en os avec empilements de motifs minimaux, patterns rythmiques, éclats de guitares et de synthétiseurs… On pourrait perdre pied mais, elle est là, elle nous montre la lumière ! La batterie est au centre de cette architecture éphémère : elle ajoute et retire à chaque instant des éléments dans de longues pièces hypnotiques. À Densités, le groupe joue au milieu du public (on the pit) pour partager l’intensité du moment : musiciens et public ne font qu’un dans une transe collective. Une fois n’est pas coutume, voilà une occasion de danser autrement avant le fameux bal de Densités avec un groupe de rock soluble dans la culture techno.

00h00 • Entrons dans la nuit
Hervé Birolini / Diffusion électroacoustique / France
Première

Un nouveau programme de diffusion pour le pur plaisir de l’écoute.

DIMANCHE 9 NOVEMBRE

11h00 • Motu
Ivan Gruselle (relaxation sonore) / France

Pour la troisième année consécutive, Ivan nous propose d’embarquer sur son îlot ! N’hésitez pas à participer à ce moment de musique à jouer rien que pour le plaisir, de jouer justement et toujours de partager. Sur inscription.

14h00 • Solo
Joe Williamson (contrebasse) / Canada/Suède
Première française

Un grand musicien plutôt discret sur la scène française. Joe Williamson est pourtant une référence de l’improvisation et du free jazz planétaire. Il a notamment joué avec Jon Rose, Olaf Rupp, Martin Brandlmayr, Tony Buck, Axel Doerner, Sture Ericsson…Le plus suédois des Canadiens est très actif sur une scène scandinave très vivante. S’il aime également peindre, Joe Williamson écrit et chante des chansons. L’occasion était trop belle pour faire découvrir la double facette d’un artiste complet. Nous pourrons découvrir son jeu de contrebasse, mais aussi ses chansons pas comme les autres accompagnées à la guitare.

Concert enregistré par France Musique pour diffusion prochaine dans l’émission À l’improviste. Puis disponible en streaming sur le site de France Musique et l’appli Radio France.

15h00 • En moins de deux
Duo Alfred Spirli (musique) /Nicolas Lanier (danse) / France

Revenus à la ville les deux compères ouvrent un nouveau chapitre de ce duo placé sous le signe de la fluidité. Les deux artistes, chacun un peu à l’étroit avec leur étiquette « danseur » ou « musicien » jonglent avec le bonheur de s’amuser ensemble. On s’amuse bien aussi !

16h30 • Duo
John Butcher/ (saxophone) / Angharad Davies (violon) / UK-Pays de Galles

Deux très grands artistes venus d’outre-Manche qui se croisent, partagent de la musique ensemble depuis pas mal d’années. Pourtant ils n’avaient jamais joué en duo. À l’occasion de la sortie de leur disque (Lower Marsh) on peut donc re-découvrir leurs très fortes individualités. John Butcher fait partie des musiciens « fétiches » de Densités : un très grand improvisateur (mais aussi un compositeur) et une référence mondiale de cette pratique (de Chris Corsano à John Tilbury en passant par Christian Marclay, Sophie Agnel ou Andy Moor). De formation classique, Angharad Davies avec subtilité et délicatesse creuse un sillon entre improvisation, composition et interprétation. Le contexte, l’espace de jeu sont au centre de sa musique. Ce duo nous promet des dialogues attentifs, de la complicité et des échappées belles !

Concert enregistré par France Musique pour diffusion prochaine dans l’émission À l’improviste. Puis disponible en streaming sur le site de France Musique et l’appli Radio France.

17h30 • We Use Cookies
Simon Henocq (électronique) / France

Musicien, producteur et artiste sonore, Simon Henocq est également co-fondateur du collectif parisien Coax, particulièrement vivant et actif. « We Use Cookies » fait partie des projets passionnants qui voient le jour chez Coax. Ici, nos oreilles et notre corps sont directement plongés dans les sonorités brutes issues des environnements industriels. Ce solo rugueux oscille en effet entre son et matière avec une impressionnante capacité à agencer des strates sonores : sous nos yeux et à nos oreilles, elles se construisent, se déconstruisent et se dissolvent. Cette matière brute, vivante et indomptée, est traversée de pulsations qui la rendent saisissante et d’une intense physicalité. Préparés pour le voyage, nous sommes au cœur d’une performance nullement close sur elle-même : la musique de We use Cookies est très communicative et généreuse.

19h00 • LE BAL

Difficile d’imaginer un festival Densités sans son fameux bal qui est toujours une occasion de célébrer joyeusement la fin d’une édition. Changement de décor certes, mais que les fans se rassurent, il y aura tout ce qu’il faut : costumes, boule à facettes, disco, musette, rock… Et bien sûr l’inépuisable énergie de l’orchestre des Omelettes avec les musiciens-amis-compagnons de route (Hélène, Véronique, Xavier et Xavier, Michel, Maxime…) et d’autres surprises encore.

Crédits photos : Deborah Walker/Silvia Tarozzi©helenabschaden • Pierre Bastin Bastien/Louis Laurain©ArsenioQuichotte • Joke Lanz/Ute Wasserman©DR • Xavier Saïki/Thierry Vallino©VDO • Tardigrade©Petrouchkactberflonflon • Gaudenz Badrutt/Ilia Belorukov/Jonas Kocher©DR • Nicolas Lanier/Alfred Spirli©DR • Hervé Birolini©Arnaud Hussenot • Aurore Gruel©DR • Denzler/Loriot©Itzok Zupan • Erik Minkkinen©DR • Parquet©Oscarfritsch • Joe Williamson©DR • We Use Cookies©Jun • Angharad Davies©Daryl Feehely.